Défendre l’industrie, c’est défendre le modèle social.

Rédigé le 30/04/2026

Lors du congrès confédéral qui s’est déroulé du 20 au 24 avril 2026, à Dijon, les délégués ont pris la parole. Nombreux ont été ceux qui s’exprimaient sur la nécessité de protéger l’industrie et plus largement de réindustrialiser le pays afin de retrouver sa souveraineté en la matière.

Alerte dans le secteur automobile

L’heure est grave, le secteur économique est menacé, lançait à la tribune Yann Le Pécheur de chez Valeo à Cergy dans le Val d’Oise. Pour défendre notre industrie automobile, on doit être défendus par les pouvoirs publics. La défense de l’industrie, actuellement dans la tourmente, était aussi au cœur de la prise de parole d’Olivier Lefebvre (secteur automobile, FO Métaux). Ce qui se joue actuellement, c’est au-delà des fermetures d’entreprises, c’est des compétences qui se perdent. Le militant listait les 170 000 emplois perdus avec moins de 370 000 emplois aujourd’hui dans le secteur automobile. C’est une alerte sur la trajectoire. Moins de 300 000 emplois bientôt ?. Pour le secrétaire fédéral, la défense de l’industrie et plus largement la réindustrialisation de la France en vue de retrouver sa souveraineté passe, ainsi que le souligne régulièrement la confédération, par une conditionnalité des aides publiques et de vrais CSE. L’électrification de l’industrie est aussi indispensable mais il faut anticiper assure le militant saluant par ailleurs le maintien d’une activité chez Stellantis à Poissy.  Il y a plus de 2 000 salariés à Poissy. Des salariés qui se battent tous les jours pour ne pas disparaître expliquait Brahim Ait Athmane, secrétaire FO sur le site. Je félicite l’équipe FO de Poissy qui s’est battu pour maintenir le site appuyait Philippe Diogo (Stellantis Valenciennes) inquiet du devenir du site de Vesoul (un des 17 sites Stellantis en France).

 La pression est forte sur l’emploi

 Nous devons défendre toute l’industrie, y compris celle de la Défense appuyait ainsi Eric Keller (FO Métaux). Notre carnet de commandes est plein se réjouissait Sylvain Hérisson (FO Métaux Nantes, Airbus), évoquant aussi la bonne santé du secteur de la navale en Loire-Atlantique avec entre autres la construction prévue du nouveau porte-avions France-Libre.  Les carnets de commande sont plein pour dix ans, confirmera Frédéric David (FO Métaux de Saint-Nazaire). Donc il y a du grain à moudre. C’est essentiel au dialogue social.

On porte l’idée de produire en France. Et salariés du privé comme du public, on est tous liés par cette nécessité. Oui, la transition écologique est nécessaire mais pas au détriment des salariés. La concurrence chinoise est là. Donc il faut anticiperQue le gouvernement passe à l’acte sur la réindustrialisation ! martelait quant à lui à la tribune Laurent Baget (GEA FARM Technologies) exigeant une vraie politique publique globale en la matière. Et de rappeler le manque à gagner, autour de 200 milliards d’euros par an, que représente pour les comptes publics l’ensemble des aides aux entreprises. Aides publiques soumises à aucune conditionnalité. Ce contre quoi s’élève FO. Illustrant les difficultés actuelles dans l’industrie, le militant déplorait encore la perte de fleurons en Côte d’Or et rappelait que le secteur de la métallurgie est passé en quelques années dans le département de 23 000 à 12 000 salariés. La pression est forte sur l’emploi dans la métallurgie, la chimie, la plasturgie, indiquait de son côté Olivier Aubry d’Eure et Loir citant plusieurs entreprises supprimant des emplois (KJ tech, HydroAluminium…).

Défendre ce qui nous rassemble



Parler de l’industrie, c’est le faire sous l’angle de la question cruciale de la souveraineté, par la réindustrialisation martelait lui aussi Mounir Mestari (Renault Groupe Sandouville) rappelant l’offensive des voitures chinoises sur le marché français. Dans ce contexte la négociation collective est d’autant plus un outil. On a accompagné la création du pôle électrification. Ainsi 5 000 salariés voient leur avenir protégéAujourd’hui, défendre l’industrie, c’est défendre le modèle social, alimenté par les cotisations sociales sur les salaires, ce qui nécessite donc des emplois, résumait Dominique Delbouis (Airbus) appelant à  défendre ce qui nous rassemble tandis que Jean-Yves Sabot (Safran-FO Métaux) notait que l’action de FO en faveur de la réindustrialisation est à souligner.